Je ne sais pas pourquoi je suis retourné bosser le lendemain: Tendace suicidaire, conscience professionelle, peur de me faire écharper par ma mère, folie passagère, ou alors nostalgie. En réalité je le sais très bien. Il s’était passé exactement ce dont j’avais besoin. Un bon coup de pied dans le cul. Le choc fut rude mais salutaire. Pour la première fois depuis longtemps je m’étais senti vivant. J’avais mal bien sur mais n’estc epas la preuve irréfutable que l’on n’est pas mort. Je ne pouvais pas rester chez moi comme avant alors que ce que cherchais était à portée de main, sur les lieux même de mon adolescence.
Je ne pouvais pas aller travailler à Tivoli comme je serais aller travailler ailleurs. Bien sur en dix ans les choses changent, tout comme les gens mais j’avais une histoire intime avec cet endroit, il était investi des souvenirs de huit ans de ma vie. Chaque pas me conduisait vers des souvenirs. Chaque coin me ramenait en arrière.
Je t’ai fais faire un tour des batiments. C’est ce que je faisais avec tous les nouveaux surveillants. Un premier contact avec les leiux pour ne pas lqu’après ils se perdent dans les couloirs labirynthiques sans aucun point de repère. Je n’avais pas pensé que tu connaissais déjà les couloirs. Tu y avait trainé pendant huit ans. Même avec les modifications, les nouveaux locaus tu étais parfaitemetn à l’aise. Si tu semblais perdu sous la tonne de procédure administratives et au milieu des élèves, dans les couloirs de ta jeunesse tu étais comme un poisson dans l’eau.
Ce qui me fit le plus d’effet ce fut “l’Allée Interdite”. Au fond de la cour, derière une rangée d’arbre et de buissons, une petit chemin de terre à l’abris des regards, lieu idéal pour perpettrer des actes réprehensibles, et recevoir son premier baiser dans mon cas, et celui de nombreux autres élèves j’en suis sur.
Elle s’appelait Sophie, et doit toujours porter se prénom même si je ne l’ai aps revue depuis mon départ du lycée. Sans doute est elle mariée, a des enfants, et il se peut que je la recroise un jour quand elle viendra chercher ses enfants à la sortie de l’école, je ne la reconnaitrais pas immédiatement, mais en voyant ses yeux me remonteront en mémoire une foule de souvenir.
En attendant de la retrouver evnetuellement ce petit bout de nature, ce chemin de terre avaient les effets mnémoique attendu. Les images me revenaient aussi clires qu’un film. Je me souvenais parfaitement de l’endroit où au milieu des branches d’un buisson j’ai pour la première fois embrassé une fille. Je revenais en pélérinage sur les traces des mes amours anciennes.
Pourquoi tu ne retournes pas tout en haut. Dans le couloir de nos classes de lycée. Tu as visité toutes tes anciennes classes. Celles de 6° et 5° qui sont encore en l’état et les autres, celles de 4° et 3°, même si depuis elles se sont transformée en autre chose. Pourquoi tu refuse d’aller dans les autres? As tu peur? Je te rassure ça fait longtemps déjà que les traces de notre passage ont disparu. Une bonne couche de peinture et il n’y parrait plus. Dix ans sont passés. que veux tu qu’il reste? Des échos de nos voix, de nos rires? Tu rêves. Ce ne sont que des salles qui ont vu passer des centaines de lycéens depuis. Et ils n’ont pas laissé plus de trace que nous. Tu trouve plus agréable de te remémorer tes baiser échangés avec Sophie sur les lieux du crime que de revenir sur les pas de notre amitié. Ça me fait plaisir de l’apprendre. Allez vas y, il n’y a rien qui fasse peur. Juste des bons souvenirs. Ceux de nos jeunes années. Les bons moments d’avant la merde, la saloperie, la mort. Tu ne veux pas t’en souvenir. Tu ne veux pas honorer la mémoire de ton pote. S’il n’y avait que moi pourquoi pas mais Diane va finir par être jalouse de Sophie. Tu n’y a pas pensé à ça. Il n’y a pas pire qu’une femme jalouse. Allez vas y tu en meurs d’envie. Si tu veux je te tiendrais la main.
Combien de temps peut on vivre dans les souvenirs? Certains diront qu’il n’y a que ça qui existe. Le futur n’est que potentiel. Le présent est éphémère. Tout ce que nous avons c’est la passé. Mais à trop regarder en arrière on fini par se prendre le mur. Ou comme je l’avias fait oublier de vivre le présnet. C’était bie nbeau cette petite exploration des années perdues. CE retour sur les lieux du crime. Retrouver les souvenirs d’adolescence, les echos de mes amis, mes amours, mes emmerdes comme dirait l’autre mais il va falloir que je lèveles yeux sur ceux qui sont en train de se fabriquer leurs souvenirs de jeunesse. C’est un peu pourquoi je suis ici. Il faut que je regarde devant moi et pas seulement les traces d’hier comme mon nom gravé dans la pierre juste derrière moi.
On lui aurait donné le bon Dieu sans confession. Un parfait élèves qui ne fait pas de vague. Discret et gentil. Je t’en foutrais de ce beau portrait. S’il ne se faisiat pas prendre c’est uniquement parcequ’il était suffisament malin pour ne pas participer directement aux trucs trop risqués, ceux qu’il avait contribué à mettre au point. Une eminence grise qui restait dans l’ombre. Pas con le gars.Bien sur il n’était pas dans la bande qui a transporté la voiture du directeur d’internat sur le perron. Mais qui a lancé l’idée, comme ça, en passant, sans l’air d’y toucher. Et quand les terminales ont descendus leurs lits sur la cour pendant la nuit qui était le premier à la fenetre pour voir le resultat et la tête de ceux qui découvrait cet étrange spectacle? Celui qui avait juste suggéré la possibilité evnetuelle d’une telle action.
La seule fois où il a fait parti du groue d’action ce fut à la veille de notre départ avant le bac. Il ne risquait plus rien. Alors pourquoi pas. Pendant la nuit nous avons retiré toutes les poignées de porte des classes de lycée. Encore une de ses idées. Tres drôle en plus. Avant de remonter dans la chambre il nous a fait passer par le perron pour qu’on grave nos noms dans les briques qui entourent la porte d’entrée. Je crois que je ne l’ai jamais vu ému comme ça.
Mon nom gravé dans la brique au milieu de tant d’autres ex-tivolien, voilà la seule trace physique qu’il restait de mon passage. Ce n’était pas grand chose. Ça me suffisait. Nom, prénom, deux dates. La pierre tombale de mon adolescence. Juste en dessous un autre nom, les mêmes dates. La seule pierre tombale que j’ai pour lui.
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