mercredi 4 novembre 2009

Conclusion - Ending Song

Tu arrives avec ton matériel comme tu dis. Un dossier gris bourré à craquer de feuilles plus ou moins remplies à la main ou dactylographiées. Tu en prends grand soin, tu le tiens serré contre toi comme si tu vie en dépendait. Tu t’installe au bureau, ouvre ton dossier, en sort plusieurs liasses, feuillette, écarte un tas, t’attarde sur un autre, retire le trombone qui les lie, tu les étale devant toi. Tu reste pensif. Tu secoues les tête. Tu reprends et range ce que tu viens juste de sortir. Tu attrapes une feuille blanche et commence à écrire. C’est pratiquement illisible, une écriture codée, cabalistique. Ton stylo court sur le papier. Sans s'arrêter tu changes de page et poursuis ton travail.

Tu passes ton temps à écrire. A chaque fois que tu es en étude tu apporte des tas de feuilles. Tu les lis, rature, corrige, écris dans la marge. Parfois tu es tellement concentré, plongé dans ton travail d’écriture que tu ne te rends pas compte de ce qui se passe autour de toi. Le brouhaha monte dans la salle et tu ne semble pas l’entendre. Ton stylo cour sur les feuilles. Tu remplis des lignes et des lignes. Rien ne paraît pouvoir t'arrêter. Je me demande bien ce que tu peux écrire. Certains disent que c’est un rapport sur l’étude, d’autres que ce sont des lettres d’amour. Il y en a même qui disent que tu écris un livre. Moi je ne sais pas ce que c'est mais ça me fascine que tu puisse écrire autant. J’ai des difficultés à écrire une rédaction alors faire comme toi c’est une truc que je ne pourrais jamais faire. Surtout que tu écris tous les mots tu ne fais pas ça en style texto.

Tu lèves les yeux de ta feuille. Jette un coup d’oeil sur la salle. Ça va ce n’est pas trop n’importe quoi. Les études ont tendance à dégénérer rapidement quand tu en as la charge et que tu es inspiré. Tu te me lèves quand même et fais un tour pour montrer que tu es là, pas un fantôme, silhouette placée là comme un épouvantail, un truc sensé nous faire peur mais qui ne sert à rien puisqu'il est perdu dans son griffonnage. Tu circule entre les rangs, regardes par dessus les épaules d’un qui dessine n’importe quoi. tu souris en ramassant la feuille. Tu la froisse et la jettes à la poubelle. Tu retournes à ta place. Tu balais la salle du regard avant de replonger dans ton travail. Tu parais contrarier comme si tu n’arrivais pas à reprendre le cours de ta pensée. Tu lances quelques jurons entre tes dents. Tu penses que personnes n’a remarque mais j’ai bien entendu ton merde merde merde.

J’ai tenté de profité du fait que tu étais occupé au fond de la salle pour lire à l’envers. Je n’ai pas réussi. Tu écris très mal. encore plus mal que moi. Tu es revenu t’asseoir et tu n’as pas l’air content. Un coup d’oeil discret à ma montre. Plus que cinq minutes. En général avec toi ça veut dire que c’est fini. Tu nous laisse toujours sortir plus tôt. Sauf quand tu es lancé dans un truc. Mais là visiblement tu sèche. Signe révélateur tu t’es reculé sur ton siège, le dos contre le dossier. Tu regardes de loin tes feuilles. Tu tapote la table avec ton stylo et tu te frotte le nez. Tu regarde ta montre. Tu ranges tes feuilles dans ta chemise. Remet ton stylo dans ta poche. Tu te levé. Tu nous dis de ranger nos affaires. Tu ajoutes que tu ne nous as pas dis de sortir. Tu le fais à chaque fois. Dans un moment tu vas dire à tel rang de sortir en rangeant les chaises sous les tables. Puis à un autre, ainsi de suite jusqu’à ce que tout le monde soit dehors.

Tu as laissé ton dossier sur le bureau du BOS, juste à portée de main. il me tends les bras. Il me nargue. Tu n’aurais pas du le laisser sans surveillance. Bon techniquement il ne l’est pas puisque nous sommes des surveillants. J’hésite un peu. Tu ne reviendras pas avant une heure. Je ne risque pas de me faire prendre la main dans le sac. La main sur ton travail. Je ne devrais pas faire ça mais c’est plus fort que moi je veux savoir ce que tu écris à longueur d’étude, de temps. Je jette une dernier coup d’oeil autour de moi. Personne à l’horizon. Je suis tranquille. J’attrape ton dossier, l’ouvre et commence à lire les premières phrases qui me tombent sous les yeux.
"Je n’aurais jamais cru que je me retrouverais de nouveau devant ce portail. La veille encore je ne pensais pas me retrouver ailleurs que chez moi. Et sûrement pas ici."

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