Les années passent, les lieux changent et restent les mêmes, les gens changent et restent les mêmes aussi. Je n’étais parti que pendant dix ans. Pourtant j’avais l’impression d’être parti toute une vie. A mon age c’est encore ce que Ça representait. Plus d’un tiers de ma vie, tant de choses vécues. Que les couloirs restent les mêmes que ceux que j’avais connu ne me choquait pas plus que ça, les pierres bouent moins que les hommes, mais retrouver la plus part des visages que j’avais croisé du temps de ma scolarité c’était plus étrange. Bien sur je ne trouvais pas exactement les mêmes têtes. Tout comme j’avais vieillis ils accusaient plus ou moins le passage des années. Un coin de couloir peut eveiller des souvenirs, une voix les fait surgir encore plus facilement.
La première fois j’ai eu un doute. J’en ai vu passé des visages, des élèves tout au long de ma carrière. Alors quand je le croisais dans les couloirs je ne savais pas si c’était vraiment lui, d’autant plus qu’il marchait en baissant la tête. Ça aurait du être un indice, il faisait déjà ça quand il était plus jeune. J’ai eu la confirmation quand il est entré dans la classe pour venir chercher un billet d’absence. A cet instant je me suis retrouvé devant le gamin de 11, 12 ans que j’avais eu en classe de 6° et de 5°. Il s’est approché du bureau timidement, la tête rentrée dans les épaules, regardant le bout de ses chaussures, il a demandé d’une petite voix le billet. Je lui ai tendu; il m’a dit merci du bout des lèvres et s’est enfui de la classe. Je n’ai pas pu m’empecher de sourire. Je me suis tourné vers mes élèves et je leur ai dit que le surveillant qui venait de passer avait été un de mes élèves. Je ne sais pas pourquoi j’ai fais ça. Sans doute ça me faisias plaisir de le revoir. En quelque sorte ça me rajeunissait de le voir se comporter avec moi comme quand il était petit.
J’ai trente ans, ou presque. Je suis grand, j’ai eu mon bac, j’ai des diplomes universitaires, je ne devrais pas me conduire ainsi purtant je ne peux pas croiser mes anciens professeurs sans me retrouver quinze ans en arrière, quand j’étais un petit garçon arrivant de sa campagne, perdu, et no’sant pas regarder ses profs dans les yeux. Ils m’impressionnent encore. Surtout ceux que j’ai eu les premières années. Pourtant je ne devrais pas, ils n’ont jamais été méchant, bien au contraire, ils étaient tous, je devrait dire toutes puisque je ne me souviens pas d’avoir eu de professeur homme ces années là, attentionnés, gentils, même au dela du raisonable pour certaines.
Il me faisait pitié. C’est la maman qui parle, pas le professeur. En tant que prof je n’aurais pas due agir ainsi. Mais comment ne pas fondre devant ce petit bonhomme perdu et qui pleurait toutes les larmes de son corps à longueur de journée. Je ne pouvais pas le supporter. J’essayais de le consoler du mieux que je pouvais, et sans trop le montrer aussi pour ne pas qu’il passe pour le chouchou. Rien n’y faisait. Alors un soir, après une journée particulièrement éprouvante pour lui, comme pour moi, j’ai craquer et j’ai écris à ses parents. Je ne me souviens plus de ce que j’ai mis dans cette lettre dans les détails. Je leur parlais de leur fils qui pleurait tout le temps et que ça me faisait mal au coeur. Je leur disais que ça ne pouvait pas continuer comme ça, qu’il allait gâcher son année et qu’il y avait des moyens de faire cesser les larmes. Je ne leur proposais pas de le sortir du collège mais de lui faire quitter l’internat puisque c’était surtout cette situation qui lui était pénible. La solution que je leur proposais c’était de me le confier pendant la semaine. Je sais que c’était un peu too much, mais je ne voyait pas comment faire autrement. J’ai rencontré sa maman quelques temps après. Elle n’était pas en colère mais elle m’a bien fait comprendre que c’était elle sa mère, et qu’il était hors de question que je prenne le relais pendant la semaine. Elle m’a remercié de ma gentillesse. Elle savait que ça se passait mal, elle le vivait aussi, mais il fallait qu’il se fasse à cette situation parce qu’il n’y en aurait pas d’autre, du moins cette année. Je savais qu’elle avait raison. Maintenant je croise un grand jeune homme qui à l’air de s’être bien remis de cette année de sixième, même s’il à toujours cette trace de tristesse au fond des yeux.
Il m’a fallut du temps avant de pouvoir regarder les profs dans les yeux, et leur parler autrement qu’en murmurant. Le temps de me rendre compte que je n’étais plus leur élève, que j’avais grandi, et que nous étions à présent du même côté de la barrière. La présence d’autres enseignants plus jeune, du moins de ma génération à peu de chose prés a aidé dans le processus. Les profs n’étaient pas ses êtres tout puissant dépositaires du savoir qu’il fallait traiter avec déférence. Ils étaient comme moi, et parfois pire que moi. Cette révélation ne me détendis un peu, je pus leur adresser la parole en dehors du cadre de mes fonctions, et même tutoyer certains. Ce qui fut le plus difficile, j’ai toujours eu du mal avec le tutoiement. C’est une des choses qui me fait regretter de ne pas être anglais, au moins eux ne se compliquent pas la vie.
Tu me faisais rire avec ton vouvoiement. Qaudn tu rencontrais quelqu’un pour la première fois tu ne lui disait jamais tu, même s’il avait notre age. Déjà au lycée tu agissait comme ça. Avec moi aussi. Ça n’a pas duré longtemps, au bout de deux fois je t’ai dis de me dire tu et de m’appeler Marc. Certains de nos camarades de classe aimaient bien que tu leur donne du vous et ça faisais sourire les profs quand ils t’entendaient nous parler comme ça. C’était encore une façon pour toi de garder les autres à distance. Je voyais bien qu’avec certains ce vous revêtais une autre signification. a la façon dont tu disais vous à certains profs on sentait qu’il y avait un profond respect, voire pour certain une pointe d’affection. C’était clair avec “mamie”, la prof d’arts plastique. Pour tout le monde c’était une prof sympa, avec qui on pouvait faire tout ce que l’on voulait, il n’y avait pas de méchanceté, on le respectais même si on la chahutais plus que d’autres. En dehors de ses cours quand on la croisait dans les couloirs on lui disait bonjour mamie, elle ne s’en offusquait pas, au contraire elle semblait apprecier. Toi tu lui disait bonjour madame avec dans la voix un je ne sais quoi qui renait ces simples parole très forte. Il y avait quelques enseignants avec qui tu te comportais ainsi. Et les autres avec lesquels tu participais à mes blagues pendant leurs cours, comme lire un texte avec la voix de Guy Lux, tu l’imitais bien à l’époque.
Je resterais toujours le petit garçon de onze ans débarquant de sa campagne
La première fois j’ai eu un doute. J’en ai vu passé des visages, des élèves tout au long de ma carrière. Alors quand je le croisais dans les couloirs je ne savais pas si c’était vraiment lui, d’autant plus qu’il marchait en baissant la tête. Ça aurait du être un indice, il faisait déjà ça quand il était plus jeune. J’ai eu la confirmation quand il est entré dans la classe pour venir chercher un billet d’absence. A cet instant je me suis retrouvé devant le gamin de 11, 12 ans que j’avais eu en classe de 6° et de 5°. Il s’est approché du bureau timidement, la tête rentrée dans les épaules, regardant le bout de ses chaussures, il a demandé d’une petite voix le billet. Je lui ai tendu; il m’a dit merci du bout des lèvres et s’est enfui de la classe. Je n’ai pas pu m’empecher de sourire. Je me suis tourné vers mes élèves et je leur ai dit que le surveillant qui venait de passer avait été un de mes élèves. Je ne sais pas pourquoi j’ai fais ça. Sans doute ça me faisias plaisir de le revoir. En quelque sorte ça me rajeunissait de le voir se comporter avec moi comme quand il était petit.
J’ai trente ans, ou presque. Je suis grand, j’ai eu mon bac, j’ai des diplomes universitaires, je ne devrais pas me conduire ainsi purtant je ne peux pas croiser mes anciens professeurs sans me retrouver quinze ans en arrière, quand j’étais un petit garçon arrivant de sa campagne, perdu, et no’sant pas regarder ses profs dans les yeux. Ils m’impressionnent encore. Surtout ceux que j’ai eu les premières années. Pourtant je ne devrais pas, ils n’ont jamais été méchant, bien au contraire, ils étaient tous, je devrait dire toutes puisque je ne me souviens pas d’avoir eu de professeur homme ces années là, attentionnés, gentils, même au dela du raisonable pour certaines.
Il me faisait pitié. C’est la maman qui parle, pas le professeur. En tant que prof je n’aurais pas due agir ainsi. Mais comment ne pas fondre devant ce petit bonhomme perdu et qui pleurait toutes les larmes de son corps à longueur de journée. Je ne pouvais pas le supporter. J’essayais de le consoler du mieux que je pouvais, et sans trop le montrer aussi pour ne pas qu’il passe pour le chouchou. Rien n’y faisait. Alors un soir, après une journée particulièrement éprouvante pour lui, comme pour moi, j’ai craquer et j’ai écris à ses parents. Je ne me souviens plus de ce que j’ai mis dans cette lettre dans les détails. Je leur parlais de leur fils qui pleurait tout le temps et que ça me faisait mal au coeur. Je leur disais que ça ne pouvait pas continuer comme ça, qu’il allait gâcher son année et qu’il y avait des moyens de faire cesser les larmes. Je ne leur proposais pas de le sortir du collège mais de lui faire quitter l’internat puisque c’était surtout cette situation qui lui était pénible. La solution que je leur proposais c’était de me le confier pendant la semaine. Je sais que c’était un peu too much, mais je ne voyait pas comment faire autrement. J’ai rencontré sa maman quelques temps après. Elle n’était pas en colère mais elle m’a bien fait comprendre que c’était elle sa mère, et qu’il était hors de question que je prenne le relais pendant la semaine. Elle m’a remercié de ma gentillesse. Elle savait que ça se passait mal, elle le vivait aussi, mais il fallait qu’il se fasse à cette situation parce qu’il n’y en aurait pas d’autre, du moins cette année. Je savais qu’elle avait raison. Maintenant je croise un grand jeune homme qui à l’air de s’être bien remis de cette année de sixième, même s’il à toujours cette trace de tristesse au fond des yeux.
Il m’a fallut du temps avant de pouvoir regarder les profs dans les yeux, et leur parler autrement qu’en murmurant. Le temps de me rendre compte que je n’étais plus leur élève, que j’avais grandi, et que nous étions à présent du même côté de la barrière. La présence d’autres enseignants plus jeune, du moins de ma génération à peu de chose prés a aidé dans le processus. Les profs n’étaient pas ses êtres tout puissant dépositaires du savoir qu’il fallait traiter avec déférence. Ils étaient comme moi, et parfois pire que moi. Cette révélation ne me détendis un peu, je pus leur adresser la parole en dehors du cadre de mes fonctions, et même tutoyer certains. Ce qui fut le plus difficile, j’ai toujours eu du mal avec le tutoiement. C’est une des choses qui me fait regretter de ne pas être anglais, au moins eux ne se compliquent pas la vie.
Tu me faisais rire avec ton vouvoiement. Qaudn tu rencontrais quelqu’un pour la première fois tu ne lui disait jamais tu, même s’il avait notre age. Déjà au lycée tu agissait comme ça. Avec moi aussi. Ça n’a pas duré longtemps, au bout de deux fois je t’ai dis de me dire tu et de m’appeler Marc. Certains de nos camarades de classe aimaient bien que tu leur donne du vous et ça faisais sourire les profs quand ils t’entendaient nous parler comme ça. C’était encore une façon pour toi de garder les autres à distance. Je voyais bien qu’avec certains ce vous revêtais une autre signification. a la façon dont tu disais vous à certains profs on sentait qu’il y avait un profond respect, voire pour certain une pointe d’affection. C’était clair avec “mamie”, la prof d’arts plastique. Pour tout le monde c’était une prof sympa, avec qui on pouvait faire tout ce que l’on voulait, il n’y avait pas de méchanceté, on le respectais même si on la chahutais plus que d’autres. En dehors de ses cours quand on la croisait dans les couloirs on lui disait bonjour mamie, elle ne s’en offusquait pas, au contraire elle semblait apprecier. Toi tu lui disait bonjour madame avec dans la voix un je ne sais quoi qui renait ces simples parole très forte. Il y avait quelques enseignants avec qui tu te comportais ainsi. Et les autres avec lesquels tu participais à mes blagues pendant leurs cours, comme lire un texte avec la voix de Guy Lux, tu l’imitais bien à l’époque.
Je resterais toujours le petit garçon de onze ans débarquant de sa campagne
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