Tu as toujours été plus proche de ta mère que de moi. C’est souvent le cas. Les fils sont proches de leur mère, les filles de leur père. Je n’étais pas souvent là. Je partais tôt le matin, rentrait tard le soir. Un père pas absent, mais pas vraiment présent non plus. En plus, je ne suis pas expansif. Je ne montre pas mes sentiments. Je suis pudique. Pour ça tu me ressembles. Tu peux passer du temps avec ta mère, la faire tourner en bourrique, tu ne la prendras jamais dans tes bras. Elle est obligée de t’arracher des bises. Comme à moi tu ne lui as jamais dis je t’aime.
Cette différence de rapport était manifeste quand nous t’amenions au collège. Le lundi matin je t’accompagnais. Tu ne pleurais pas devant moi. Tu ne me faisais pas de scène. avec ta mère c’était toute autre chose. Quand elle rentrait le mercredi soir elle était anéantie. Tu lui avais fait ton numéro. avec larmes, cris et tout le tremblement. Il fallait que je la raisonne, lui remonte le moral. Ces soirs-là, elle était prête à te retirer de l’internat, pour éviter d'avoir à revivre une nouvelle fois la grande scène du III. Elle reprenait à peine le dessus quand elle t’appelait. Et toi tu en rajoutais une couche en pleurant au téléphone.
Cette différence de rapport était manifeste quand nous t’amenions au collège. Le lundi matin je t’accompagnais. Tu ne pleurais pas devant moi. Tu ne me faisais pas de scène. avec ta mère c’était toute autre chose. Quand elle rentrait le mercredi soir elle était anéantie. Tu lui avais fait ton numéro. avec larmes, cris et tout le tremblement. Il fallait que je la raisonne, lui remonte le moral. Ces soirs-là, elle était prête à te retirer de l’internat, pour éviter d'avoir à revivre une nouvelle fois la grande scène du III. Elle reprenait à peine le dessus quand elle t’appelait. Et toi tu en rajoutais une couche en pleurant au téléphone.
Je raccroche en soupirant. C’est la troisième fois qu’elle m’appelle cette semaine. Comme la semaine précédente, et celle d’avant, et d’avant... Pour ne rien me dire en plus. Savoir si j’allais bien, si je n’avais pas eu trop chaud, ou trop froid, si le boulot n’était pas trop dur... Je ne lui ai pas dit ce qui s’était passé les premiers jours. Elle serait venue mettre une raclée à tous ses petits morveux qui m’avaient mené la vie dure. Après m’avoir fait son numéro habituel de mère juive qui s’inquiète pour un rien, qui protège son fils, la prunelle de ses yeux, la chair de sa chair.
C’est sûr que si elle ne s’était pas inquiétée autant pour moi je ne serais sans doute plus là pour l’envoyer gentiment balader quand elle me harcèle au téléphone. Je devrais être plus reconnaissant. Son instinct maternel a senti qu’il fallait qu’elle vienne me sauver.
Ça ne lui donne pas pour autant le droit de m'appeler tous les jours. Je ne lui dirais pas directement, mais je vais lui faire comprendre. Avec ma subtilité légendaire.
C’est sûr que si elle ne s’était pas inquiétée autant pour moi je ne serais sans doute plus là pour l’envoyer gentiment balader quand elle me harcèle au téléphone. Je devrais être plus reconnaissant. Son instinct maternel a senti qu’il fallait qu’elle vienne me sauver.
Ça ne lui donne pas pour autant le droit de m'appeler tous les jours. Je ne lui dirais pas directement, mais je vais lui faire comprendre. Avec ma subtilité légendaire.
Je sais que tu me traites de mère juive. Au début ça ne me faisait pas plaisir. Maintenant j’en ris. Ça doit être ta façon à toi de me dire que tu m’aimes. Je sais que tu ne me le diras jamais directement. Tu es comme ton père: pas de démonstration, tout en retenue. Tu étais pourtant capable de me prendre dans tes bras avant. Tu passais des heures sur mes genoux, à me couvrir de baisers. Je regrette cette époque. Bien sûr il faut laisser ses enfants grandir, mais tout de même de temps en temps j’aimerais que tu retrouves tes habitudes d’autrefois. Aujourd’hui tes marques d’affection se limitent au strict minimum, un bisou le matin, un autre le soir. Quand je tente de t’en soutirer d’autre, c’est comme si je t’agressais. Ça me fait mal au coeur. Je suis ta mère tout de même. Et même si tu as grandi, tu es toujours mon bébé. Tu peux faire la tête autant que tu veux c’est comme ça, tu resteras pour toujours mon titou. C’est comme ça une mère juive.
Je lui en faisais voir à ma mère. Quand elle venait me sortir le mercredi après midi. Au début tout se passait bien. Trop content de m’échapper provisoirement de ma prison. D'abord, elle m’amenait au cinéma. C’est de cette époque que date ma cinéphilie. Les films que nous allions voir n’étaient pas des oeuvres impérissables du patrimoine cinématographique mondial. Je me suis tapé, et j’ai imposé à ma mère, de magnifiques navets, des nanars d’anthologie. Ce n’est que plus tard que j’ai commencé à apprécier le cinéma comme un art. À force de fréquenter les salles obscures pour y retrouver cette sensation de sérénité que j’avais éprouvé à l’époque où j’y allais avec ma mère.
Après le film nous allions nous promener dans les rues, nous faisions les boutiques, ce genre de choses sans intérêt. Tout se compliquait après le passage par le salon de thé. Ah le salon de thé, prestigieuse adresse d’un pâtissier chocolatier bordelais. J’y dégustais un chocolat chaud crémeux, épais, onctueux, en engloutissant des gâteaux fabuleux à m’en rendre malade.
Je savais que cette pause goûter et goûteuse était l’avant-dernière étape de notre escapade avant le retour à l’internat. Je traînais les pieds sur le chemin du retour, faisais la gueule pendant que ma mère s’achetait son repas du soir chez le traiteur. Elle tentait de me dérider en m’achetant quelques douceurs supplémentaires mais rien n’y faisait.
Le pire était à venir. La grande scène du retour. Les larmes, les cris, je m’accrochais à la portière de la voiture, au portail pour ne pas rentrer. Je me serais jeté sous une voiture pour éviter de retourner derrière les grilles de ma prison. Tout ce qu’elle a du endurer.
Aujourd’hui je continu à lui en faire voir. Plus de crise de nerfs, d’hysterie, juste quelques blagues. Je la mène en bateau, lui raconte des histoires à dormir debout qu’elle croit parce que tout ce que lui raconte son fils est parole d’évangile.
Après le film nous allions nous promener dans les rues, nous faisions les boutiques, ce genre de choses sans intérêt. Tout se compliquait après le passage par le salon de thé. Ah le salon de thé, prestigieuse adresse d’un pâtissier chocolatier bordelais. J’y dégustais un chocolat chaud crémeux, épais, onctueux, en engloutissant des gâteaux fabuleux à m’en rendre malade.
Je savais que cette pause goûter et goûteuse était l’avant-dernière étape de notre escapade avant le retour à l’internat. Je traînais les pieds sur le chemin du retour, faisais la gueule pendant que ma mère s’achetait son repas du soir chez le traiteur. Elle tentait de me dérider en m’achetant quelques douceurs supplémentaires mais rien n’y faisait.
Le pire était à venir. La grande scène du retour. Les larmes, les cris, je m’accrochais à la portière de la voiture, au portail pour ne pas rentrer. Je me serais jeté sous une voiture pour éviter de retourner derrière les grilles de ma prison. Tout ce qu’elle a du endurer.
Aujourd’hui je continu à lui en faire voir. Plus de crise de nerfs, d’hysterie, juste quelques blagues. Je la mène en bateau, lui raconte des histoires à dormir debout qu’elle croit parce que tout ce que lui raconte son fils est parole d’évangile.
Ah ta mère! Tu m’en parlais souvent. Je l’avais vu quelques fois le vendredi quand elle venait te chercher. Elle me disait bonjour mais je ne l’ai vraiment rencontré que quand tu m’as invité à passer quelques jours chez toi. Tu m’avais prévenu de ce qui m’attendais et tu ne m’avais pas menti.
Quand tu lui as annoncé que tu m’avais invité elle a commencé à paniquer. Où allais je dormir, il n’y avait plus de chambre ‘d'ami depuis qu’elle avait été transformé en bureau, heureusement que dans ta chambre il y avait des lits jumeaux. il fallait qu’elle change les draps, qu’elle fasse le ménage à fond. Et la cuisine. Est ce que j’aimais tout, il ne fallait pas qu’elle prépare un plat que je ne mangerais pas. C’était pour elle toute une organisation. Elle n’en aurait pas fait plus si elle avait eu a recevoir la reine d'Angleterre, le roi d’Espagne ou le président de la république (quoique vu ce que tu m’avais raconté sur ses opinions politiques il n’est pas sur que François Mitterrand fut aussi bien reçu) je ne savais pas s’il fallait que je m’inquiète ou que je me réjouisse de tout cela.
J’ai passé trois jours formidables après la séance d’interrogatoire, d’où je venais, ce que faisais mas parents, mes frères et soeurs, ce que je voulais faire dans la vie,... Une petit moment désagréable en prélude au meilleur. Il y avait sur la table a chaque repas de quoi nourrir un régiment. Et pas comme chez moi des plats tout fait, surgelé ou dans les grandes occasion venant de chez le traiteur. Uniquement des plats fait maison. Ta mère se levait aux aurores pour tout préparer, passant des heures dans sa cuisine pour que tout soit parfait.
Elle était aux petits soins avec moi, s’inquiétant de tout, mon sommeil, mon appétit, ma santé. Telle que tu me l’avais décrit: une mère poule, une mère juive.
Quand je croisais ta mère sur le trottoir devant le lycée je lui sautais au cou et l’embrassait avec force sur les joues. Elle éclatait de rire et te prenais à parti, pourquoi est ce que tu n’étais pas comme ça avec elle, il fallait que ce soit un “étranger” qui fasse preuve d’affection pour elle. Si c’était pas une honte.
J’ai toujours pris plaisir à revenir chez toi. Apres que je me suis disputé avec mes parents elle est devenue une mère de substitution. Elle a été formidable avec moi. Tout le temps. Elle à eu un peu peur que je ne t’entraîne avec moi sur les rivages de l’homosexualité mais je’ lai rassuré très vite en lui disant que tu avais d’autres perversions. Elle en a rigolé. Quand j’ai su que j’étais positif c’est chez toi, avec tes parents que je l’ai pour la première fois dit à quelqu’un. Avant même de le dire à mes parents. Tu t’en souviens très bien. C’était un an après le bac. Elle à pleuré comme si j’étais son propre fils. Si tu savais la chance que tu as d’avoir une mère, des parents comme ça.
Quand tu lui as annoncé que tu m’avais invité elle a commencé à paniquer. Où allais je dormir, il n’y avait plus de chambre ‘d'ami depuis qu’elle avait été transformé en bureau, heureusement que dans ta chambre il y avait des lits jumeaux. il fallait qu’elle change les draps, qu’elle fasse le ménage à fond. Et la cuisine. Est ce que j’aimais tout, il ne fallait pas qu’elle prépare un plat que je ne mangerais pas. C’était pour elle toute une organisation. Elle n’en aurait pas fait plus si elle avait eu a recevoir la reine d'Angleterre, le roi d’Espagne ou le président de la république (quoique vu ce que tu m’avais raconté sur ses opinions politiques il n’est pas sur que François Mitterrand fut aussi bien reçu) je ne savais pas s’il fallait que je m’inquiète ou que je me réjouisse de tout cela.
J’ai passé trois jours formidables après la séance d’interrogatoire, d’où je venais, ce que faisais mas parents, mes frères et soeurs, ce que je voulais faire dans la vie,... Une petit moment désagréable en prélude au meilleur. Il y avait sur la table a chaque repas de quoi nourrir un régiment. Et pas comme chez moi des plats tout fait, surgelé ou dans les grandes occasion venant de chez le traiteur. Uniquement des plats fait maison. Ta mère se levait aux aurores pour tout préparer, passant des heures dans sa cuisine pour que tout soit parfait.
Elle était aux petits soins avec moi, s’inquiétant de tout, mon sommeil, mon appétit, ma santé. Telle que tu me l’avais décrit: une mère poule, une mère juive.
Quand je croisais ta mère sur le trottoir devant le lycée je lui sautais au cou et l’embrassait avec force sur les joues. Elle éclatait de rire et te prenais à parti, pourquoi est ce que tu n’étais pas comme ça avec elle, il fallait que ce soit un “étranger” qui fasse preuve d’affection pour elle. Si c’était pas une honte.
J’ai toujours pris plaisir à revenir chez toi. Apres que je me suis disputé avec mes parents elle est devenue une mère de substitution. Elle a été formidable avec moi. Tout le temps. Elle à eu un peu peur que je ne t’entraîne avec moi sur les rivages de l’homosexualité mais je’ lai rassuré très vite en lui disant que tu avais d’autres perversions. Elle en a rigolé. Quand j’ai su que j’étais positif c’est chez toi, avec tes parents que je l’ai pour la première fois dit à quelqu’un. Avant même de le dire à mes parents. Tu t’en souviens très bien. C’était un an après le bac. Elle à pleuré comme si j’étais son propre fils. Si tu savais la chance que tu as d’avoir une mère, des parents comme ça.
Je ne me souviens plus très précisément de comment les choses se sont passées. Quand j’ai été mieux je lui ai demandé, elle a juste répondu avec un petit sourire qu’une maman sait quand ses enfants vont mal. Une sorte de sixième sens, comme le super sens de Spider-Man en quelque sorte. Ma mère est un super héros et je ne le savais pas. Pourtant j’aurais du m’en douter. Il faut avoir des super pouvoirs pour abattre tout ce qu’elle abat comme boulot.
Comme un super héros elle est venue me sauver. Pas des griffes d’un super vilain ou d’un immeuble en flammes, mais de moi même. Elle est arrivé juste quand il fallait, quelques jours de plus et je ne sais pas ce qu’elle aurait trouvé. Elle m’a pris par la main et m’a tiré de mon trou.
Les mois qui ont suivi ont été difficiles pour elle. Me voir comme ça, devoir s’occuper de moi, de cette loque, être tout le temps derrière moi pour être sure que je n’allais pas faire une connerie. Je ne lui facilitais pas la tache. Elle n’a jamais baissé les bras. Elle est allé jusqu’au bout de son entreprise de reconstruction. Quand elle a vu qu’elle ne pouvait plus rien faire. Qu’elle avait fait tout ce qui était en son pouvoir elle à su passer la main. Elle a vu qu’il fallait que je passe à autre chose.
Elle m’a pris par la main pour que j’écrive une lettre de candidature. Pour être sure qu’elle ne resterait pas dans un tiroir ou pire au fond de la poubelle elle l’a postée elle même, et elle a prié pour qu’il en sorte quelque chose de positif. Prière exaucée.
En plis d’être dotée de super pouvoir ma mère à une relation privilégiée avec Dieu. Elle est pas forte ma maman.
Comme un super héros elle est venue me sauver. Pas des griffes d’un super vilain ou d’un immeuble en flammes, mais de moi même. Elle est arrivé juste quand il fallait, quelques jours de plus et je ne sais pas ce qu’elle aurait trouvé. Elle m’a pris par la main et m’a tiré de mon trou.
Les mois qui ont suivi ont été difficiles pour elle. Me voir comme ça, devoir s’occuper de moi, de cette loque, être tout le temps derrière moi pour être sure que je n’allais pas faire une connerie. Je ne lui facilitais pas la tache. Elle n’a jamais baissé les bras. Elle est allé jusqu’au bout de son entreprise de reconstruction. Quand elle a vu qu’elle ne pouvait plus rien faire. Qu’elle avait fait tout ce qui était en son pouvoir elle à su passer la main. Elle a vu qu’il fallait que je passe à autre chose.
Elle m’a pris par la main pour que j’écrive une lettre de candidature. Pour être sure qu’elle ne resterait pas dans un tiroir ou pire au fond de la poubelle elle l’a postée elle même, et elle a prié pour qu’il en sorte quelque chose de positif. Prière exaucée.
En plis d’être dotée de super pouvoir ma mère à une relation privilégiée avec Dieu. Elle est pas forte ma maman.
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