mercredi 4 novembre 2009

9 - Puisque vous partez en voyage

A la fin de ma première année, après toutes les larmes, la souffrance, la douleur de la séparation, une nouvelle épreuve m’attendait. Je dramatise un peu, beaucoup. Certes. J'appréhendais beaucoup le voyage de fin d’année. Si 50 km me paraissaient être une distance considérable me séparant de mon cher foyer, home sweet home, traverser la manche m’exiler à plus de 700 kilomètres avait de quoi m’angoisser. d’autant plus qu’il ne s'agissait plus d’une séparation de 5 jours, avec libération provisoire à mi parcours. Je partais pour une semaine entière, une vraie, de sept jours plein. Dans quoi m'embarquais-je? Si la fin de l’année avait été moins difficile à supporter il n’en restait pas moins que je n’avais pas encore complètement coupé le cordon (je me demande si je l’ai tranché aujourd’hui). Plus la date du départ approchait plus la boule que j’avais eux au creux de l’estomac pendant les dix derniers mois grossissait.
Je n’ai pas dormi de la nuit. je n’ai pas dormi deux nuit d’affilée. Celle qui précédait le départ. J’imaginais tout ce que tu pourrais faire pour ne pas partir. Tu avais une imagination fertile quand il s’agissait de de cacher pour éviter de retourner à l’internat. Tu me l’avais prouvé maintes fois au cours de l’année écoulée. T’envoyer à Londres risquait de stimuler encore plus ta créativité.

Tu m’attendais assis dans ton lit quand je suis venue te réveiller. Tu n’as pas traîné les pieds comme tu l’avais fait si souvent, provoquant la colère rentrée de ton père. Tu a chargé ta valise dans la voiture sans râler. Pendant le trajet tu es resté silencieux. Je tentais de te faire parler mais tu ne me répondais que par monosyllabes. Arrivé devant Tivoli tu as rejoint tes camarades de classe, tu as jeté ta valise dans la soute du bus. Tu nous as embrassé et tu es monté dans le bus sans verser une larme. J’étais sur le cul.
Le seconde nuit je n’ai pas dormi non plus. Je t’imaginais perdu si loin de moi, pleurant toutes les larmes de ton corps, hurlant pour rentrer chez toi. Ce fut tout le contraire. Tu n’as jamais paru aussi content d’après ce que me rapportèrent tes profs. Tu as passé un séjour sans incident. Je n’en revenais pas. Mon titou partait dans un autre pays, au delà des mers et il ne servait pas une larme. Tu avais grandi.

Je n’ai jamais autant voyagé qu'avec Tivoli. Toutes les années de ma scolarité, ou presque, j’ai fait un voyage, un séjour à l’étranger ou en France. Les voyages forment la jeunesse et j’ai été bien formé. Chaque voyage m’a apporté quelque chose, que ce soit sur les remparts de Carcassonne, les Ramblas de Barcelone ou les canaux de Venise. J’ai des souvenirs plein la tête, tous agréables: une partie de tarot par une belle et douce soirée en Espagne, une ballade sur les Champs Elysée sous le soleil de juin en chantant à tue tête la chanson de Joe Dassin, un baiser sur la place Saint-Marc.

Il était drôle. C’est la première chose qui me vient à l’esprit quand je repense à lui. Ce n’était pas un bouffon ou un bout en train, le clown de la classe, mais il avait un regard particulier sur les choses qui l’entouraient. Il formait un duo irrésistible avec son copain Marc. Ils savaient toujours trouver la formule qui fait mouche et qui provoque les éclats de rire. C’était toujours très fin, très subtil, ce qui les empêchaient de se faire engueuler par les profs quand ils faisaient ça en classe.
Bien sur c’est ce qui m’avait plu chez lui. Cet esprit affûté, qu’il cachait sous des dehors taciturnes. Nous sortions ensemble depuis plusieurs mois à l’époque. Depuis qu’il m’aidait pour les cours de physique. Ce n’était pas facile de trouver un moment bien à nous. Il était interne, ne sortait que le mercredi après midi, moi j’avais piano ce jour là, et ma mère ne voyait pas d’un bon oeil que je ramène des garçons dans ma chambre, même si j’avais 16 ans. Il fallait que l’on soi discret au lycée, bref ce n’était pas évident.
10 jours à Venise c’était parfait. Bon bien sur il y avait les profs qui veillaient au grain et il ne fallait pas trop se montrer. Pour autant nous avions plus de facilité. Le soir, pendant les périodes de quartier libre nous pouvions jouer les amoureux dans la cité si propice, à l’hôtel nous attendions que les chaperons dorment et on se retrouvait garçons et filles dans les chambres. En plus une des chambres de filles avait une grande terrasse qui nous permettait de nous amuser au clair de lune.
Il pleuvait ce soir là. Une petite pluie fine, rien de bien méchant; Une bruine de printemps, juste de quoi nous rafraîchir après une chaude journée. La place Saint-Marc était encore plus belle, plus romantique. Les lumières des lampadaires se reflétaient sur la fine couche de pluie qui recouvrait les pavés. Les orchestres des deux cafés qui se font face sur la place, Le Florian et comment c’est déjà le nom de l’autre, enfin peut importe, les orchestres jouaient à tour de rôle, se répondant d’une “rive” à l’autre. Il m’a pris par la main et m’a entraîné au milieu de la place. Il a dit qu’il serait sacrilège de ne pas profiter de la plus belle piste de danse du monde. Il ne dansait pas très bien, c’était même terrible, mais qu’importe. nous tournions sans nous soucier du rythme de la musique. Les touristes passaient autour de nous en souriant, certains nous ont pris en photo. Il m’a embrassé sous la pluie fine. Quelques passants ont applaudit. J’étais bien. Heureuse.

Ai-je été heureux? Certainement. si je cherche dans ma mémoire ces moment semblent coïncider avec les excursions de fin d’année. Bien sur j’ai connu d’autres petits bonheurs en dehors de ces voyages. Ma vie ne se résume pas au collège, pas plus hier qu’aujourd’hui. Pourtant les souvenirs de ces escapades occupent une place à part. Un territoire où j’aime me réfugier quand tout semble se déglinguer autour de moi.

Tu te souviens de Paris. Je ne vais pas te faire le coup de “Il nous restera toujours Paris”, il nous reste bien d’autres choses tu l’as prouvé. Mais ce fut tout de même un grand moment ce voyage de classe. Il fallait être complètement fou pour partir fin mai, à quelques semaines du bac. Alors que nous aurions été bien plus avisé de réviser notre examen. Nous avions la bénédiction des autorités, et les profs nous accompagnaient donc nous étions couverts. Bien sur ce n’était pas Venise et tu n’aurais pas l’occasion de massacrer une valse sur le place Saint Marc . Pour autant les Champs Elysées ce n’était pas si mal. Pas de Strauss mais Joe Dassin. Nous remontions la plus belle avenue en chantant à tue tête la chanson de Joe. Bras dessus, bras dessous. Les gens se retournaient sur notre passage. Nous n’avions pas honte. Quand nous finissions avec Dassin nous enchaînions avec Aznavour, J’aime Paris au mois de Mai. Nous étions moins sur des paroles, et souvent nous chantions n’importe quoi. Cette excursion parisienne était notre dernière chance d’être insouciant. Je ne savais pas encore que le destin allait me frapper en traître, mais nous savions tous que d’ici à quelques mois nous ne serions plus des lycéens, nous allions rentrer dans le monde adulte. D’ici quelques mois Diane et toi alliez vous séparer. D’ici quelques mois nous allions suivre des voie différentes. Tu allais entrer en fac de médecine, et pour tenter de rentre dans les bonnes grâces de mon père j’allais commencer mon droit. Le soleil descendait à l’horizon, il faisait bon. Nous entamions la descente des Champs Elysées en continuant à chanter. En point de mire l’obélisque de la Concorde. Nous allions faire une petite halte par le jardin des Tuileries. Comme dans le chanson de Brassens les amoureux que vous étiez allaient profiter des bancs publics pour faire ce que l’on doit y faire. Le monde était à nous. Nous avions toute la vie devant nous. Nous étions plein d’espoir. L’espoir est fait pour être déçus. Mais il nous restera toujours Paris.

Me voilà à nouveau sur les routes. Dans un bus bondé. Direction l’Espagne. Encore une fois. Je suis assis à l’avant. A côté des profs. La place des fayots. Celle à éviter à tout prix. Puis je faire autrement? Je ne suis pas un prof, mais pas un élève non plus. Un adulte. Quel choc de réaliser cela. Je suis un adulte. Je m'assois à l’avant du bus. Je mange à la table des profs, et je peux même boire du vin. A quel moment est ce que j’ai changé de statut? Je suis devenu celui qui dit ce qu’il faut faire t ne pas faire. Le plus souvent je fais ça dans le vide. C’est moi qui doit empêcher les couples de se bécoter dans les buissons. Bon ce sont des 5° et ils ne sont pas encore trop travaillé par ce genre de choses. Quand même je suis là pour veiller sur (tiens ça ferais plaisir à quelqu’un que je connais de l’entendre me dire ça) le bon déroulement du voyage. Le jour comme la nuit.

C’est amusant de te voir en dehors des murs du collège. Et e dormir dans la même pièce que toi. Enfin dormir c’est façon de parler. Nous on a pas envie de dormir. C’est la fin de l’année, dans une semaine ce sont les vacances et nous avons bien l’intention de profiter de ce voyage pour nous amuser. Si ça doit t'empêcher de dormir, tant pis. Tu peux essayer de faire régner le silence dans la chambrée tu n’y arriveras pas. Ce n’est pas contre toi personnellement que nous en avons, ça aurais été n’importe qui d’autre le résultat aurait été le même. Tu peux comprendre ça. Tu as été jeune avant nous. Il y a longtemps, mais bon, ce sont des choses que l’on oublie pas. Cette nuit c’est fête. Nuit blanche. Vas y tente de nous calmer. Fait nous mettre à genou les mains sur la tête au milieu de la chambre. Tu crois sincèrement que ça va nous arrêter. Tu peux rêver. Enfin façon de parler. Il vaudrait mieux que tu retourne de coucher, l’oreiller sur la tête pour ne pas nous entendre et attendre que ça se passe. Tu as du te résoudre à cette solution, on t'entend ronfler. Il faut vraiment que tu sois fatigué pour ne pas nous entendre. Tant mieux pour toi.

Malgré la nuit presque blanche, quatre heures de sommeil j’ai connu pire, ce fut une bonne excursion. Le moyen d’accepter que j’avais grandi, vieilli serait plus correct. J’étais passé de l’autre côte de la barrière, over the rainbow. J’aurais pu m’en apercevoir plus tôt, mais les voyages forment aussi la vieillesse.

10 - La dernière heure du dernier jour

Huit ans. J’étais resté huit ans. Toute une époque. Presque la moitié de ma courte vie. Ce fut difficile dans les premiers temps. Ce n’est rien de le dire. Mais on s’habitue à tout. Il arrive même que l’on y prenne goût. Aujourd’hui il faut se résoudre à partir. Je ne pensais pas que je serais dans cet état d’esprit au moment de m’en aller. Pendant toute la semaine j’ai fait le décompte des dernières fois. Mon dernier lundi matin. Mon dernier cours de ceci, de cela. Ma dernière sortie du mercredi après midi. La dernière soirée télé. Dernier dîner. Dernier petit déjeuner. Dernière fois que je fait mon lit. Dernière fois que je fais ma valise. Dernier jour. Dernière heure. Dernière minute.
Enfin avec tous mes sacs à mes pieds pour la dernière fois je verrouille la porte de ma chambre. Je sors de ma poche ma clé. Pendant toute l’année je’ lavais gardé accroché à ma ceinture au bout d’une chaîne. J’ai à peine fini de la tourner dans la serrure que la chaîne se casse. Signe du destin. Cette fois ci c’est vraiment fini.

Tu crois qu’il existe des signes du destin? Tu t’imagines que le bon dieu ou je ne sais quel autre grand créateur s’amuse à envoyer des signaux pour faire comprendre aux pauvres mortels que nous sommes que telle ou telle choses va leur arriver. Parce que ce matin là tu as entendu une belle chanson d’amour que tu avais oublié tu vas rencontrer la femme de ta vie. Parce que il y a une odeur dans l’air tu vas avoir une promotion. Parce que tu laisses tomber tout ce que tu attrapes tu vas avoir une mauvaise nouvelle. Parce que tu as cassé la chaîne de ta clef tu ne reviendras plus. Foutaises.
Tu veux que je te dises je n’ai pas eu de signe du destin quand j’ai quitté mon appartement pour l’hôpital et que je n’y suis plus revenu. Je n’ai pas laisser tomber ma clef dans un bouche d’égout. Il n’y avait pas d’odeur bizarre dans l’air, de corbeau noir sur le rebord de la fenêtre, je n’ai pas croisé de chat noir le jour où j’ai chopé cette saloperie. Tout ça c’est dans ta tête. D’ailleurs tu t’es bien planté. Regarde où tu es aujourd’hui. Au même endroit qu’il y a dix ans. Tu as fait un petit tout et tu es revenu à la case départ.
Tu vas me dire qu’encore une fois le passé vient te hanter. Tu n’auras rien compris. Le passé c’est la passé. Je sais que j’ai été plus inspiré, mais une belle tautologie ça permet de fixer les choses parfois. La passé ne fais que ce que tu veux bien qu’il fasse. Tu peux vivre avec lui en permanence, dormir avec lui, le laisser te peser sur les épaules. Ou avancer en te servant de lui. Je ne te dis pas d’oublier. Juste de le mettre là où il doit être. Derrière toi, pas en ligne de mire.
Tu trouve que c’est difficile et ça me fais plaisir, mais pour moi tout est fini et il faut l’accepter. Tout c’est arrêté une nuit de février. Tout les signes étaient là pour le confirmer. La machine qui fait bip-bip s’est tue, le respirateur a stoppé son va et vient, mon coeur à lâché prise, mon cerveau est parti dans un rêve sans fin; Je ne vais pas te dire ce qu’il y a après, s’il y a une lueur blanche au bout d’un tunnel et tous les gens qui t’aiment qui t’attendent en souriant. Je n’ai pas le droit de te faire de révélation. D’ailleurs je n’ai plus le droit de te parler. Il faut que tu t’y fasse. Mais ça ne veut pas dire que tu es seul.

Il n’y a personne. Les couloirs sont vides. C’est étrange comme sensation. Hier encore ils couraient dans tous les sens sur la cour. Ils parlaient fort dans les couloirs. Ils étaient des centaines. Aujourd’hui ils sont partis. Il ne reste plus que moi. Pendant un instant j’ai l’impression d’être dans un épisode de The Twilight Zone. Dernier survivant de l’espèce humaine après l’explosion d’une bombe atomique. Un rêve ou un cauchemar? Je n’ai jamais connu le collège comme ça. Même en arrivant tôt le matin il y a déjà du monde, ne serait ce que les internes. Les grand couloirs deviendraient presque angoissant ainsi désertés. Ce n’est pas naturel un collège sans élèves.
Dans le silence je fini par entendre des bruits humain. J’ai exagéré, je ne suis pas seul. Nous sommes là pour les derniers jours. Sans les élèves. Un peu notre récompense de fin d’année. Quelques jours dans le collège vide. Il faut ranger, classer, archiver, vider les bureaux, clore cette année, et prévoir la prochaine. C’est encore du boulot mais ce n’est plus pareil. Les sonneries ne ponctuent plus plus notre journée. Nous allons à notre rythme. D’un seul coup nous sommes plus détendus, le stress s’est envolé en une nuit. La fatigue est là mais elle ne pèse plus le même poids sur nos épaules. Nous rions plus facilement. Nous n’avons plus à crier, à nous énerver. Le silence est là sans que nous ayons besoins de le réclamer. La cloche a sonné ça signifie, mais oui l’école est finie.

Tu t’éloignes du reste du groupe. Tu les laisses à leurs discussions, leurs rires, la célébration festive de cette fin d’année tant attendue. Ce n’est pas que tu ne te sente pas bien avec eux, au contraire tu aimes cette ambiance joyeuse. Mais tu as quelque chose à faire. Tu en as eu l’idée il y a quelques minutes en voyant la cour vide, plongée dans le noir. Tu t’es souvenu d’une autre nuit presqu’identique à celle ci. Une autre fin d’année. Tu monte la volée de marche du perron. Tu n’as pas besoin de chercher, tu sais très bien où se trouvent les briques qui t'intéressent. Tu fouille dans ta poche à la recherche d’un outil de fortune pour rajouter quelques mots à ceux qui sont là depuis dix ans. Une clé fera l’affaire. Tu regarde autour de toi. Comme il y a dix ans de peur d’être pris en flagrant délit de dégradation. Personne. Tu t’appliques. Tu ne voudrais pas saloper ce qui existe déjà. Une fois ton travail achevé tu te recule un peu pour apprécier l’effet.
Xavier A.
(1984-1992) / 2001-...
Tu souris. Tu es content de toi. Tu as l’impression d’avoir 18 ans de nouveau. On t’appelle. Tu sursaute. Tu fais un signe de la main à tes collègues et tu t’en va les rejoindre. Avant de descendre tu jettes un dernier coup d’oeil à l’autre moitié de ton oeuvre.
Ci ne gît pas
Marc F.
1974 (1995-1992) 2001.

Conclusion - Ending Song

Tu arrives avec ton matériel comme tu dis. Un dossier gris bourré à craquer de feuilles plus ou moins remplies à la main ou dactylographiées. Tu en prends grand soin, tu le tiens serré contre toi comme si tu vie en dépendait. Tu t’installe au bureau, ouvre ton dossier, en sort plusieurs liasses, feuillette, écarte un tas, t’attarde sur un autre, retire le trombone qui les lie, tu les étale devant toi. Tu reste pensif. Tu secoues les tête. Tu reprends et range ce que tu viens juste de sortir. Tu attrapes une feuille blanche et commence à écrire. C’est pratiquement illisible, une écriture codée, cabalistique. Ton stylo court sur le papier. Sans s'arrêter tu changes de page et poursuis ton travail.

Tu passes ton temps à écrire. A chaque fois que tu es en étude tu apporte des tas de feuilles. Tu les lis, rature, corrige, écris dans la marge. Parfois tu es tellement concentré, plongé dans ton travail d’écriture que tu ne te rends pas compte de ce qui se passe autour de toi. Le brouhaha monte dans la salle et tu ne semble pas l’entendre. Ton stylo cour sur les feuilles. Tu remplis des lignes et des lignes. Rien ne paraît pouvoir t'arrêter. Je me demande bien ce que tu peux écrire. Certains disent que c’est un rapport sur l’étude, d’autres que ce sont des lettres d’amour. Il y en a même qui disent que tu écris un livre. Moi je ne sais pas ce que c'est mais ça me fascine que tu puisse écrire autant. J’ai des difficultés à écrire une rédaction alors faire comme toi c’est une truc que je ne pourrais jamais faire. Surtout que tu écris tous les mots tu ne fais pas ça en style texto.

Tu lèves les yeux de ta feuille. Jette un coup d’oeil sur la salle. Ça va ce n’est pas trop n’importe quoi. Les études ont tendance à dégénérer rapidement quand tu en as la charge et que tu es inspiré. Tu te me lèves quand même et fais un tour pour montrer que tu es là, pas un fantôme, silhouette placée là comme un épouvantail, un truc sensé nous faire peur mais qui ne sert à rien puisqu'il est perdu dans son griffonnage. Tu circule entre les rangs, regardes par dessus les épaules d’un qui dessine n’importe quoi. tu souris en ramassant la feuille. Tu la froisse et la jettes à la poubelle. Tu retournes à ta place. Tu balais la salle du regard avant de replonger dans ton travail. Tu parais contrarier comme si tu n’arrivais pas à reprendre le cours de ta pensée. Tu lances quelques jurons entre tes dents. Tu penses que personnes n’a remarque mais j’ai bien entendu ton merde merde merde.

J’ai tenté de profité du fait que tu étais occupé au fond de la salle pour lire à l’envers. Je n’ai pas réussi. Tu écris très mal. encore plus mal que moi. Tu es revenu t’asseoir et tu n’as pas l’air content. Un coup d’oeil discret à ma montre. Plus que cinq minutes. En général avec toi ça veut dire que c’est fini. Tu nous laisse toujours sortir plus tôt. Sauf quand tu es lancé dans un truc. Mais là visiblement tu sèche. Signe révélateur tu t’es reculé sur ton siège, le dos contre le dossier. Tu regardes de loin tes feuilles. Tu tapote la table avec ton stylo et tu te frotte le nez. Tu regarde ta montre. Tu ranges tes feuilles dans ta chemise. Remet ton stylo dans ta poche. Tu te levé. Tu nous dis de ranger nos affaires. Tu ajoutes que tu ne nous as pas dis de sortir. Tu le fais à chaque fois. Dans un moment tu vas dire à tel rang de sortir en rangeant les chaises sous les tables. Puis à un autre, ainsi de suite jusqu’à ce que tout le monde soit dehors.

Tu as laissé ton dossier sur le bureau du BOS, juste à portée de main. il me tends les bras. Il me nargue. Tu n’aurais pas du le laisser sans surveillance. Bon techniquement il ne l’est pas puisque nous sommes des surveillants. J’hésite un peu. Tu ne reviendras pas avant une heure. Je ne risque pas de me faire prendre la main dans le sac. La main sur ton travail. Je ne devrais pas faire ça mais c’est plus fort que moi je veux savoir ce que tu écris à longueur d’étude, de temps. Je jette une dernier coup d’oeil autour de moi. Personne à l’horizon. Je suis tranquille. J’attrape ton dossier, l’ouvre et commence à lire les premières phrases qui me tombent sous les yeux.
"Je n’aurais jamais cru que je me retrouverais de nouveau devant ce portail. La veille encore je ne pensais pas me retrouver ailleurs que chez moi. Et sûrement pas ici."

mardi 3 novembre 2009

Thank You

Ecrire est une activité solitaire qui se pratique entouré. De nombreuses personnes ont contribués plus ou moins directement à l’aventure de ce roman. Je leur adresse à toutes un grand merci.
Merci donc à
Arnaud J. Fleischman, mon alter égo du web.
Martin Winckler pour la page 518 de Les Trois Médecins (et les autres aussi)
Lorelai et Rori; Sam et Al; Seth Cohen; Jed Bartlett; Angel et Buffy; Lennie Brisco; Martin Tupper; Toute la population de Cicely, Alaska; James T. Kirk, Jean Luc Picard, Benjamin Sisko et Kathrin Janeway; The Bluth Family; J.D.; Georges, Mason, Daisy, Roxy et Ruben; Jeremiah; Adrain Monk; John Carter; Sidney Bristow; John Sheridan; Jarod et Miss Parker; John Crithton.... que de grands moments passés ensembles.
Anna Gavalda pour des nuits blanches avec Camille, Paulette, Franck et Philibert.
Les élèves de Tivoli qui sont passé par la salle d’étude et m’ont laissé écrire en paix.
Paolo Conte, Charles Aznavour, Benabar, Alain Souchon, William Sheller, Françoise Hard, Diana Krall, Dean Martin, et bien sur Frank Sinatra, les artistes de la BO de ma vie.
Woody Allen, François Truffaut, Alexander Payne, Michel Gondry, Joseph Mankiewitz, Peter Jackson, Sam Raimi, Alain Resnais, Geroges Lucas, Pedro Almodovar, Denis Arcand, Frank Capra, Hayao Miyasaki, Howard Hawks, Bertrand Blier, Jean Paul Rappeneau... sur l’écran blanc de mes nuits blanches vous me faites du grand cinéma.
Sabine, Stephanie, Sophie, Carole, Flore(nce), Véronique, Anna, Emmanuel(le), Erwan(n), Damien, Etienne, Pierre, Karim, Patrick, Marie Dominique, Luc. Mes camarades de classe d’aujourd’hui.
Thomas, mon cher frere
Mon papa et ma maman, parce que
et vous

Ce texte a été écrit durant l'année scolaire 2002-2003.
Mis en ligne sur ce blog entre le 5 octobre et le 3 novembre 2009.